Gaz au Maroc : 0 réserve prouvée mais un potentiel réel ?

Gaz au Maroc

Le Maroc ne dispose pas de réserves prouvées significatives de gaz naturel selon les standards internationaux, ce qui le place loin dans le classement mondial. Toutefois, plusieurs zones d’exploration révèlent un potentiel gazier encore non certifié. En attendant, le pays dépend majoritairement des importations, notamment de gaz naturel liquéfié (GNL), pour couvrir les besoins de l’industrie et de la production électrique.

Sommaire

Exploration gazière au Maroc : la réalité derrière les chiffres

Malgré l’absence de réserves prouvées, le potentiel gazier marocain suscite un intérêt croissant. Cette nuance est essentielle pour corriger une lecture simpliste souvent véhiculée par des classements comme Worldometers, dont les données datent de 2017.

En effet, les réserves prouvées désignent uniquement les volumes confirmés, exploitables économiquement et techniquement. Le Maroc n’en possède quasiment pas, mais plusieurs découvertes en cours d’évaluation pourraient changer la donne.

Lexique à connaître :

Terme Définition
Réserve prouvée Volume exploitable avec certitude (rentabilité + technologie)
Ressource Potentiel détecté, pas encore certifié
Découverte Données géologiques positives, mais incertitude sur l’exploitation

Réserves, production et consommation : où en est le Maroc ?

En 2026, le Maroc produit environ 120 millions de m³ de gaz naturel par an, principalement via de petits gisements terrestres. Sa consommation annuelle a atteint 1,2 milliard de m³ en 2025, en légère hausse.

Chiffres actualisés (2025) :

Indicateur Valeur Source
Réserves prouvées < 1 milliard m³ ONHYM
Production nationale ≈ 120 millions m³/an ONHYM
Consommation totale ≈ 1,2 milliard m³/an Estimations ONEE
Dépendance aux importations > 90 % Ministère de la Transition Énergétique

Importations de gaz : la clé d’une sécurité énergétique sous tension

Depuis la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe (GME) fin 2021, le Maroc a dû réorganiser son approvisionnement. Ce gazoduc, qui acheminait le gaz algérien à tarif préférentiel, assurait près de 60 % des besoins.

L’arrêt a provoqué un choc énergétique, obligeant le pays à :

  • Chercher des fournisseurs alternatifs (USA, Qatar, Nigeria…)

  • Activer le GME en flux inversé via l’Espagne

  • Déployer en urgence des terminaux GNL à Mohammedia et Nador

👉 Le défi de 2026 reste la maîtrise des coûts : le GNL importé est sujet à la volatilité des marchés mondiaux, contrairement au gaz algérien autrefois importé sous contrat fixe.

Le GNL, pilier de la stratégie énergétique marocaine

En 2026, deux infrastructures clés sont en place :

  1. Unité flottante de regazéification (FSRU) à Mohammedia, opérationnelle depuis 2024

  2. Terminal GNL de Nador West Med, en service depuis 2025

Ces terminaux permettent d’importer, stocker et regazéifier du GNL, assurant la continuité pour l’ONEE, les cimenteries, et le groupe OCP.

Gaz au Maroc
Gaz au Maroc

Les projets gaziers actifs : Tendrara, Anchois, Loukos

Les trois principaux projets gaziers sont pilotés avec l’ONHYM, dirigée par Amina Benkhadra :

🛢️ Tendrara (Sound Energy)

  • En production depuis 2024

  • Objectif : 100 millions m³/an

  • Micro-usine de GNL + pipeline

  • Vente directe à l’ONEE

👉 Communiqué Sound Energy

🌊 Anchois (Chariot Ltd + Energean)

  • Découverte offshore majeure

  • Energean est entré au capital en 2024

  • Potentiel : > 500 millions m³/an

  • En phase d’ingénierie pré-FID

👉 Partenariat Chariot–Energean

🌍 Loukos (Chariot)

  • Projet onshore en cours de forage

  • Proximité de l’axe industriel Tanger–Kénitra

  • Vocation : alimentation locale + industrie

Prix, compétitivité et économie du gaz en 2026

Le passage du gaz algérien au GNL international a un coût économique significatif. Les industriels marocains, notamment l’OCP ou le secteur du ciment, sont très sensibles aux prix de l’énergie.

👉 En 2026, le prix du GNL importé est souvent indexé sur le TTF (Europe) ou le Henry Hub (USA) — des marchés très volatils.

Enjeux :

  • Peut-on proposer à l’ONEE un prix inférieur au marché spot ?

  • Le gaz marocain (Tendrara, Anchois) sera-t-il compétitif par rapport au GNL ?

  • La facture énergétique impacte directement la balance commerciale du pays.

Hydrogène vert et infrastructures

Le Maroc ne dissocie plus le gaz et l’hydrogène vert dans sa stratégie long terme. Les nouvelles infrastructures gazières (Nador, Nigeria–Maroc) sont pensées comme “H2-ready”.

👉 Cela signifie qu’elles pourront transporter ou regazéifier de l’hydrogène dans le futur, répondant aux normes européennes et africaines de demain.

Ce positionnement anticipe la future économie de l’hydrogène, un axe stratégique porté par le Maroc pour :

  • Exporter de l’hydrogène vert vers l’Europe

  • Attirer des investisseurs industriels

  • Réduire les émissions locales

Carte stratégique du gaz au Maroc (2026)

Visuel à intégrer sur site ou blog — Google l’utilisera potentiellement dans la SERP (images enrichies).

📍 Oriental : Tendrara – Micro-GNL opérationnel
📍 Nord Atlantique : Anchois (offshore), Loukos (onshore) – en développement
📍 Mohammedia & Nador : Terminaux GNL actifs
📍 Futur gazoduc : Tracé Nigeria–Maroc en planification (via 13 pays africains)

Gaz, décarbonation et engagements écologiques

Le gaz naturel est une énergie fossile, mais moins carbonée que le charbon ou le fioul.

👉 Le passage du charbon au gaz permet au Maroc de réduire ses émissions de CO₂ de 25 à 30 % par kilowattheure produit.

Cette décarbonation est stratégique car elle :

  • Renforce la compétitivité des exportations marocaines (taxe carbone aux frontières de l’UE)

  • Améliore la notation ESG des grands groupes publics (OCP, ONEE)

  • Contribue aux engagements climatiques dans le cadre de la COP Africaine portée par le Maroc

Timeline 2022–2030 : de la crise à la vision stratégique

Année Événement
2021 Fermeture du GME (gaz algérien)
2022 Mise en place des importations GNL via l’Espagne
2023 Début des chantiers Mohammedia et Nador
2024 Démarrage production micro-GNL (Tendrara)
2025 Terminal de Nador opérationnel
2026 Écosystème GNL pleinement fonctionnel
2027–2030 Lancement du gazoduc Nigeria–Maroc (phases initiales), développement d’Anchois

Le Maroc peut-il devenir un hub gazier régional ?

Le Maroc ambitionne de devenir :

  • Plateforme d’importation/exportation

  • Pays de transit pour le gaz nigérian

  • Pôle de transformation avec infrastructures H2-ready

Des investissements massifs sont encore nécessaires, mais le positionnement géographique, la stabilité politique, et la vision intégrée gaz–hydrogène sont des atouts uniques en Afrique.

Le gaz dans la transition énergétique marocaine

Le gaz est une énergie de transition pour le Maroc, en soutien aux énergies renouvelables intermittentes.

  • Il permet de stabiliser le réseau électrique

  • Il alimente les industries énergivores

  • Il facilite une sortie progressive du charbon

👉 Mais il n’est pas destiné aux foyers : les ménages marocains utilisent le butane en bouteille pour cuisiner.

FAQ – Gaz naturel au Maroc

Le Maroc a-t-il des réserves de gaz naturel ?

Non, pas de réserves prouvées, mais plusieurs ressources exploratoires sont en cours d’évaluation (Tendrara, Anchois, Loukos).

Quelle est la consommation annuelle ?

Environ 1,2 milliard de m³ en 2025, en hausse constante.

Le gaz est-il utilisé dans les foyers ?

Non. Les ménages utilisent du butane, pas de gaz naturel.

Qui utilise le gaz naturel ?

Principalement : industries lourdes (OCP, cimenteries) et production électrique (ONEE).

Le gaz marocain est-il compétitif ?

C’est l’enjeu de 2026 : proposer un prix inférieur au GNL importé, malgré les coûts d’infrastructure.

Résumé des points clés

  • Pas de réserves prouvées, mais potentiel en développement (Tendrara en production, Anchois en cours).

  • Importation massive via GNL, coûts supérieurs à l’ancien gaz algérien.

  • Le gaz est réservé à l’industrie et à l’électricité, pas aux foyers.

  • Infrastructures GNL opérationnelles : Mohammedia, Nador.

  • Vision stratégique intégrée gaz–hydrogène (“H2-ready”).

  • Le gaz contribue à réduire les émissions de CO₂ de 25 à 30 %.

  • Le Maroc se positionne comme un futur hub gazier et hydrogène régional.

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