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Saudi Aramco est la première compagnie pétrolière mondiale.
- Fondation : 1933, Arabie saoudite (entreprise publique)
- Production : plus de 9 millions de barils/jour (capacité max : 12 millions)
- Bénéfice 2025 : 93,4 milliards de dollars
- Employés : plus de 75 000 dans le monde
- Actionnariat : État saoudien 82,18 % — PIF 16 % — flottant 1,73 %
- Cotation : Bourse de Riyad (Tadawul), code 2222, depuis décembre 2019
Sommaire
- Qu’est-ce qu’Aramco ?
- Que signifie Aramco ?
- Histoire de Saudi Aramco
- Qui possède Aramco ?
- Qui exploite le pétrole de l’Arabie saoudite ?
- Chiffres clés et poids économique
- Qui a bombardé Aramco ?
- Aramco en bourse
- Aramco et la transition énergétique
- Aramco et le gaz naturel
- SABIC et la pétrochimie
- Aramco en France et en Europe
- Aramco et la Formule 1
- Coupe du Monde FIFA 2026
- Travailler chez Aramco : salaires
- Aramco face aux majors pétrolières
- Gouvernance et direction
- Quel avenir pour Aramco ?
Rares sont les entreprises dont le nom influence directement le prix de l’énergie que vous payez chaque mois. Saviez-vous qu’une seule compagnie est responsable de plus de 4 % des émissions mondiales de CO₂ depuis 1965 ? C’est Saudi Aramco. Avec une production dépassant 9 millions de barils de pétrole par jour, un bénéfice net de 93,4 milliards de dollars en 2025 et des réserves prouvées représentant à elle seule près d’un sixième des ressources mondiales, la compagnie pétrolière saoudienne est sans équivalent dans l’histoire industrielle contemporaine.
Longtemps opaque, mystérieuse, perçue comme un État dans l’État, Aramco a ouvert ses livres de comptes lors de son introduction en bourse en 2019, révélant une rentabilité qui dépasse collectivement celle des cinq majors occidentales réunies. Son influence s’étend bien au-delà des puits de pétrole : elle pèse sur les décisions de l’OPEP+, façonne la géopolitique du Moyen-Orient et, depuis 2020, investit en Formule 1 et dans la pétrochimie mondiale.
Mais Aramco affronte aussi des défis inédits : la pression de la transition énergétique, les accusations d’être la première entreprise émettrice de CO₂ au monde, et la nécessité de financer la Vision 2030, le programme de réformes économiques du prince héritier Mohammed ben Salmane. Comment un géant du pétrole tente-t-il de rester le leader mondial de l’énergie tout en naviguant entre enjeux climatiques et tensions géopolitiques ? C’est la question que nous explorons dans ce guide complet.
Qu’est-ce qu’Aramco ?
En bref : Aramco (Saudi Aramco) est une compagnie pétrolière et gazière publique saoudienne, la plus grande au monde en termes de production. Contrôlée par l’État saoudien, elle exploite la totalité des réserves d’hydrocarbures d’Arabie saoudite et figure parmi les entreprises les plus rentables de la planète.
La Saudi Arabian Oil Company, plus connue sous le nom d’Aramco, est une entreprise pétrolière et gazière publique dont le siège social est établi à Dhahran, dans la Province orientale d’Arabie saoudite. Elle occupe une position unique dans l’économie mondiale : premier producteur de pétrole brut, premier exportateur, premier détenteur de réserves prouvées dans le secteur privé ou semi-public.
Contrairement aux majors pétrolières occidentales comme TotalEnergies, Shell ou ExxonMobil, Aramco ne se définit pas comme une simple entreprise commerciale. Elle est le pilier de toute l’économie saoudienne, la source principale des revenus de l’État et le principal financier du programme de réformes Vision 2030. Ses dividendes versés en 2024 représentent à eux seuls plus de 85 milliards de dollars, dont la majeure partie retourne directement au gouvernement saoudien et à son fonds souverain.
La compagnie emploie plus de 70 000 salariés directs et opère dans plus de 50 pays à travers ses filiales. Elle couvre l’intégralité de la chaîne de valeur : exploration, extraction, raffinage, pétrochimie et distribution commerciale via plus de 17 000 stations-service dans le monde. Depuis 2020, elle s’est également hissée au rang des géants de la pétrochimie mondiale grâce à l’acquisition de SABIC.
Que signifie Aramco ?
En bref : Aramco est l’acronyme d’Arabian American Oil Company, nom adopté en 1944 pour désigner la coentreprise américano-saoudienne. Après la nationalisation par l’Arabie saoudite, la société est officiellement renommée Saudi Arabian Oil Company (Saudi Aramco) en 1988, mais le diminutif Aramco est resté l’appellation courante dans le monde entier.
L’histoire du nom reflète celle de la compagnie elle-même : un passage progressif de la domination américaine à la souveraineté saoudienne. Tout commence en 1933 lorsque le gouvernement saoudien signe un accord de concession avec Standard Oil of California (Socal), qui crée une filiale baptisée California-Arabian Standard Oil Company pour mener les prospections. Les premiers forages ont lieu à Dammam, et c’est en 1938, à 1 440 mètres de profondeur, que le pétrole est découvert en quantité commercialement exploitable.
En 1944, la société est renommée Arabian American Oil Company, donnant naissance à l’acronyme Aramco. Ce nom reflète la dualité fondatrice : une ressource arabe, exploitée par un savoir-faire américain. En 1948, de nouveaux partenaires rejoignent le consortium : Standard Oil of New Jersey (futur ExxonMobil) prend 30 % et Socony Vacuum (futur Mobil) acquiert 10 %.
La rupture intervient en 1972 : le gouvernement saoudien prend 25 % d’Aramco par décret royal, monte à 60 % en 1973 en représailles au soutien américain à Israël lors de la guerre du Kippour, puis procède à la nationalisation complète en 1980, avec effet rétroactif jusqu’en 1976. En novembre 1988, la compagnie change définitivement de nom pour devenir Saudi Arabian Oil Company — Saudi Aramco. Le mot « American » disparaît, symbole d’une souveraineté retrouvée sur les ressources nationales.
Histoire de Saudi Aramco : de la concession américaine à la puissance mondiale
Création en 1933 et découverte du pétrole
Le 29 mai 1933, le gouvernement du roi Ibn Saoud signe avec Standard Oil of California un accord de concession qui autorise la prospection pétrolière sur le territoire saoudien. C’est l’intervention du géologue américain Karl Twitchell qui avait convaincu le royaume d’ouvrir ses sous-sols à l’exploration. Les premiers forages démarrent à Dammam. Six puits sont creusés entre 1935 et 1936, sans résultats probants. En 1936, Texas Oil Company acquiert 50 % de la concession. Ce n’est qu’en 1938, au septième puits, que le géologue Max Steineke touche le jackpot à 1 440 mètres de profondeur. En 1938, l’Arabie saoudite exporte son premier baril de pétrole brut depuis le gisement de Ras Tanura. Le destin du royaume — et du marché mondial de l’énergie — bascule.
Nationalisation progressive (1972–1980)
Le choc pétrolier de 1973 accélère une tendance déjà engagée : la réappropriation de leurs ressources naturelles par les pays producteurs. L’Arabie saoudite monte progressivement au capital d’Aramco — 25 % en 1972, 60 % en 1973 — avant de procéder à la nationalisation complète en 1980. En 1988, le changement de nom officialise cette transformation : l’Arabian American Oil Company devient Saudi Arabian Oil Company. Le « A » d’American est effacé de l’histoire.
Introduction en bourse de 2019 : la plus grande IPO de l’histoire
Le 11 décembre 2019, Saudi Aramco entre en bourse à Riyad (Tadawul). La mise sur le marché de seulement 1,73 % du capital lève 29,4 milliards de dollars, dépassant le record précédent d’Alibaba (25 milliards en 2014). L’événement marque la première fois qu’Aramco dévoile ses comptes au grand public. Les chiffres révèlent une réalité saisissante : la compagnie est non seulement la plus grande productrice de pétrole au monde, mais aussi l’entreprise la plus rentable, devant Apple, Microsoft et l’ensemble des majors pétrolières réunies.
Qui possède Aramco ?
En bref : Aramco est détenue à 82,18 % par l’État saoudien, à 16 % par le Fonds d’investissement public (PIF) et à environ 1,73 % par des actionnaires publics via la Bourse de Riyad. La famille royale ne possède pas directement d’actions, mais contrôle indirectement la compagnie via l’État et le PIF, présidé par le prince héritier Mohammed ben Salmane.
| Actionnaire | Participation | Nature |
|---|---|---|
| État saoudien | 82,18 % | Actionnaire majoritaire direct |
| PIF (Fonds souverain saoudien) | 16 % | Via Sanabil Investments (filiale PIF) |
| Flottant boursier (Tadawul) | ~1,73 % | Actionnaires publics depuis l’IPO 2019 |
La structure de l’actionnariat d’Aramco a évolué entre 2022 et 2024. L’État saoudien a procédé à plusieurs transferts d’actions vers le Fonds d’investissement public (PIF) : 4 % transférés en février 2022, puis une nouvelle tranche de 4 % en 2023, portant la part du PIF à 8 %, avant qu’un troisième transfert de 8 % en mars 2024 ne porte la participation du fonds souverain à 16 % totaux. Ces transferts s’inscrivent dans le cadre de la Vision 2030 : en dotant le PIF d’un actif aussi rentable, l’Arabie saoudite lui donne les moyens d’investir dans des secteurs diversifiés — aviation, jeux vidéo, sport, technologie — à l’échelle mondiale.
La famille royale possède-t-elle directement Aramco ? Non. Ni le roi Salmane ni le prince héritier Mohammed ben Salmane ne figurent comme actionnaires à titre personnel. Mais le contrôle exercé par la monarchie sur l’État saoudien — et par Mohammed ben Salmane sur le PIF qu’il préside — confère à la famille royale une influence décisive sur toutes les décisions stratégiques de la compagnie.
Qui exploite le pétrole de l’Arabie saoudite ?
En bref : Saudi Aramco détient le monopole exclusif de l’exploitation pétrolière en Arabie saoudite. Aucune autre compagnie, nationale ou étrangère, ne peut produire du brut saoudien. Aramco gère notamment le gisement de Ghawar, le plus grand gisement de pétrole terrestre au monde, et le gisement offshore de Safaniya, premier gisement marin mondial.
L’Arabie saoudite possède les deuxièmes plus grandes réserves de pétrole prouvées au monde, estimées à environ 259 milliards de barils — soit près de 17 % des réserves mondiales connues. L’intégralité de cette richesse est exploitée par Aramco. La compagnie produit quotidiennement plus de 9 millions de barils de pétrole brut, auxquels s’ajoutent d’importantes quantités de gaz naturel.
Le joyau du portefeuille est le gisement de Ghawar, découvert en 1948 dans la Province orientale. C’est le plus grand gisement pétrolier conventionnel terrestre au monde : à lui seul, il produit plus de 3,8 millions de barils par jour, soit environ 40 % de la production totale d’Aramco. Pour donner une idée de l’échelle, la production de Ghawar dépasse à elle seule la totalité de la production pétrolière de nombreux pays membres de l’OPEP.
Le gisement offshore de Safaniya, dans le Golfe Persique, est quant à lui le plus grand gisement marin au monde, avec une capacité de production de 1,5 million de barils par jour. Ces deux actifs exceptionnels expliquent pourquoi le coût d’extraction du brut saoudien est parmi les plus bas au monde — estimé entre 2 et 4 dollars par baril — conférant à Aramco un avantage compétitif structurel qu’aucune compagnie concurrente ne peut égaler.
Aramco : chiffres clés et poids économique mondial
Les données financières d’Aramco révèlent une entreprise hors norme. Même en période de recul des prix du pétrole, ses marges restent sans équivalent dans le secteur énergétique mondial.
| Indicateur | 2022 (record) | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Bénéfice net | 161,1 Mds $ | 121,3 Mds $ | 106,3 Mds $ | 93,4 Mds $ |
| Chiffre d’affaires | 2 266 Mds SAR | 1 856 Mds SAR | 1 802 Mds SAR | 1 559 Mds SAR (~416 Mds $) |
| Dividendes versés | ~75 Mds $ | 124,3 Mds $ | 85,4 Mds $ | 85,5 Mds $ |
| Coût d’extraction | ~2–4 $/baril | ~2–4 $/baril | ||
| Employés (monde) | Plus de 70 000 | |||
La tendance baissière des bénéfices s’est confirmée en 2025 : Aramco a annoncé le 10 mars 2026 un recul de 12,1 % de son bénéfice net, à 93,38 milliards de dollars, contre 106,24 milliards en 2024. Cette contraction s’explique par la hausse de la production décidée par l’OPEP+, les droits de douane américains et la pression sur les prix du brut. La capacité de production maximale d’Aramco avoisine les 12 millions de barils par jour, bien que les décisions de l’OPEP+ contraignent la production effective à environ 9 millions. Malgré ce recul, Aramco reste sans équivalent dans le secteur : avec un coût d’extraction de 2 à 4 dollars par baril, la compagnie dégage des marges bénéficiaires que ses concurrents ne peuvent qu’envier, même à bas prix du baril.
Pour donner une échelle de comparaison, les 85,5 milliards de dollars de dividendes versés en 2025 représentent à eux seuls une somme supérieure au PIB de nombreux pays européens de taille moyenne. Ces revenus alimentent directement le budget de l’État saoudien et les investissements du PIF dans le monde entier — de Newcastle United aux fonds technologiques en passant par les méga-projets comme NEOM.
Qui a bombardé Aramco ?
En bref : Le 14 septembre 2019, les installations de traitement pétrolier d’Aramco à Abqaïq et Khurais ont été frappées par une attaque combinant drones et missiles. Les houthis du Yémen ont revendiqué l’opération, mais les États-Unis, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont désigné l’Iran comme le véritable organisateur. La production saoudienne a chuté de 50 % temporairement, provoquant la plus forte hausse des prix du pétrole depuis la guerre du Golfe.
L’attaque d’Abqaïq et Khurais — 14 septembre 2019
À 4 heures du matin, heure locale, les équipes de sécurité industrielle d’Aramco sont alertées d’incendies simultanés sur deux sites stratégiques. Abqaïq, à 60 km au sud-ouest de Dhahran, abrite la plus grande usine de traitement de brut au monde, avec une capacité de 7 millions de barils par jour. Khurais, 190 km plus au sud-ouest, est le deuxième plus grand champ pétrolier du royaume. Les dégâts sont considérables : 18 frappes recensées à Abqaïq selon les autorités saoudiennes, 4 frappes à Khurais. Des incendies y brûlent pendant cinq heures. 6 000 ouvriers sont mobilisés pour les réparations, contre 112 habituellement sur le site.
Bilan immédiat : la production saoudienne chute de 5,7 millions de barils par jour, soit la moitié de la capacité nationale. En quelques heures, le prix du pétrole Brent bondit de plus de 14 % à l’ouverture des marchés, enregistrant la plus forte hausse journalière depuis la guerre du Golfe de 1990–1991.
Houthis ou Iran : qui est responsable ?
Le mouvement rebelle houthi du Yémen — engagé depuis 2015 dans une guerre contre la coalition menée par l’Arabie saoudite — revendique immédiatement l’attaque. Mais la sophistication de l’opération (18 drones et 7 missiles de croisière selon les autorités saoudiennes) dépasse les capacités attribuées aux houthis. Les États-Unis, par la voix du secrétaire d’État Mike Pompeo, désignent l’Iran comme commanditaire. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni publient une déclaration commune dans le même sens. Téhéran dément catégoriquement. Un groupe d’experts de l’ONU publiera début 2020 des conclusions indiquant que l’attaque ne provient pas des houthis, sans pour autant nommer explicitement l’Iran.
L’attaque s’inscrit dans un contexte de fortes tensions : l’Arabie saoudite est engagée dans un conflit au Yémen depuis 2015 et fait face à une rivalité régionale intense avec l’Iran. Sur le plan économique, elle illustre la vulnérabilité structurelle des marchés mondiaux à toute perturbation des infrastructures pétrolières saoudiennes — une leçon qui a accéléré les réflexions sur la diversification des sources d’approvisionnement en Europe.
L’attaque du Grand Prix de Djeddah en 2022
Le 25 mars 2022, une installation pétrolière d’Aramco à Djeddah est frappée par un missile houthi, provoquant un incendie visible depuis le circuit du Grand Prix d’Arabie saoudite de Formule 1 qui se déroulait le même soir. L’attaque, qui n’a pas interrompu la course, illustre la persistance des risques géopolitiques auxquels Aramco est exposée. La compagnie a maintenu ses capacités de production sans interruption, démontrant la résilience de ses systèmes de sécurité après les améliorations post-2019.
Aramco en bourse : faut-il s’intéresser à l’action ?
L’action Saudi Aramco est cotée à la Bourse de Riyad (Tadawul) depuis le 11 décembre 2019, sous le code de valeur 2222. Avec une capitalisation boursière qui a atteint plus de 2 000 milliards de dollars lors de son introduction — faisant d’Aramco l’entreprise la plus valorisée au monde devant Apple — la compagnie reste un actif financier hors normes.
Le modèle de dividendes est particulièrement attractif : Aramco a versé 124,3 milliards de dollars de dividendes en 2023, 85,4 milliards en 2024, et 85,5 milliards en 2025. En période de prix du pétrole élevés (comme en 2022, avec 161 milliards de bénéfice net), le rendement du dividende dépasse ce que proposent la quasi-totalité des grandes entreprises mondiales. En revanche, la corrélation directe avec les prix du brut expose l’actionnaire à une volatilité significative. Le cours de l’action a connu de fortes fluctuations depuis l’IPO ; les investisseurs potentiels sont invités à consulter les données en temps réel sur le site officiel de la Bourse Tadawul avant toute décision.
Actualité juin 2026
La stratégie financière du groupe prend un nouveau tournant en juin 2026. Selon des sources de marché citées par Reuters le 17 juin 2026, Aramco prépare une série de cessions d’actifs industriels dont la valeur totale pourrait atteindre environ 50 milliards de dollars. Parmi les opérations à l’étude : la vente d’une participation dans son activité soufre (Project Yellowstone, valorisée jusqu’à 7 milliards de dollars), la cession de son portefeuille immobilier incluant le campus de son siège social (environ 10 milliards), et des infrastructures hydrauliques liées à ses opérations pétrolières (Project Hydro, ~500 millions). Ces cessions s’inscrivent dans le cadre du modèle « vente puis location » déjà éprouvé pour les pipelines et les terminaux, qui permet à Aramco de lever des liquidités sans perdre le contrôle opérationnel de ses actifs.
Comment acheter des actions Aramco depuis la France ?
Acheter des actions Aramco depuis la France est techniquement possible mais exige quelques précautions. L’action n’est cotée qu’à Riyad, sur le marché Tadawul, et n’est pas accessible via Euronext ou les principales places boursières européennes. Pour y accéder, il faut passer par un courtier en ligne donnant accès aux marchés internationaux, comme Interactive Brokers ou certaines plateformes proposant l’accès aux marchés du Moyen-Orient.
Points essentiels à vérifier avant toute transaction : les frais de change (les transactions se font en riyal saoudien, SAR), la fiscalité applicable aux dividendes de source saoudienne pour un résident fiscal français (convention fiscale franco-saoudienne limitée), et l’inéligibilité au PEA. Comme pour tout investissement concentré sur un pays et un secteur, la prudence s’impose.
Aramco et la transition énergétique : un géant pétrolier peut-il devenir plus vert ?
La question est posée avec une acuité particulière pour Aramco : selon le rapport Carbon Majors du CDP (2017), Saudi Aramco figure au premier rang des entreprises contributrices aux émissions mondiales de CO₂. En 2019, la compagnie a émis 1,93 milliard de tonnes équivalent CO₂ — plus de quatre fois les émissions annuelles totales de la France. Elle est, en termes absolus, la première entreprise émettrice de carbone de la planète depuis 1965.
Objectif neutralité carbone et captage du carbone
Aramco s’est fixé un objectif de neutralité carbone sur ses émissions opérationnelles directes (scope 1 et 2) à l’horizon 2050. Pour y parvenir, la compagnie investit dans les technologies de captage et stockage du carbone (CCS). Elle opère déjà l’une des plus grandes installations de CCS au monde, à Hawiyah, capable de capturer jusqu’à 800 000 tonnes de CO₂ par an. Des projets d’expansion sont en cours dans le cadre de son programme de décarbonation interne.
Hydrogène bleu : la stratégie gazière comme pont
Aramco mise sur l’hydrogène bleu — produit à partir du gaz naturel avec captage du CO₂ — comme élément de transition. Le développement massif du champ gazier de Jafurah (voir section suivante) doit lui permettre de disposer d’une matière première abondante pour produire de l’hydrogène à grande échelle. L’objectif affiché est de devenir l’un des principaux exportateurs mondiaux d’hydrogène bleu d’ici 2030.
Critiques et accusations de greenwashing
Les engagements d’Aramco sont régulièrement contestés par les organisations environnementales. Plusieurs critiques pointent une contradiction fondamentale : la compagnie continue d’investir massivement dans de nouvelles capacités de production pétrolière (53,3 milliards de dollars de dépenses d’investissement en 2024), tout en affichant des objectifs climatiques qui ne couvrent pas les émissions liées à la combustion de ses produits par les consommateurs finaux (scope 3 — de loin les plus importantes). Sa présence active dans les conférences climatiques internationales (COP) aux côtés d’autres extractivistes est également perçue par certaines ONG comme une stratégie de lobbying pour ralentir les décisions contraignantes. La tension entre les intérêts économiques à court terme du royaume saoudien et les impératifs climatiques à long terme reste, à ce jour, non résolue.
Aramco et le gaz naturel : la stratégie moins connue du groupe
Tandis que les activités pétrolières d’Aramco font face à des contraintes de production dans le cadre de l’OPEP+, ses activités gazières sont en plein essor. La compagnie s’est fixé l’objectif d’augmenter sa production de gaz de 60 % d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2021. Aramco est le seul fournisseur de gaz du Royaume d’Arabie saoudite, couvrant la demande croissante pour la production d’électricité, le dessalement de l’eau et la pétrochimie.
La pièce maîtresse de cette stratégie gazière est le champ de Jafurah, l’un des plus grands gisements de gaz non conventionnel au monde, situé dans la Province orientale. En août 2025, Aramco a signé un accord de 11 milliards de dollars pour le développement des infrastructures intermédiaires de Jafurah, avec un consortium international conduit par Global Infrastructure Partners (GIP, filiale de BlackRock). À pleine capacité, Jafurah devrait produire 2 milliards de pieds cubes par jour de gaz, ainsi que 630 000 barils par jour de condensats gazeux et d’éthane, renforçant considérablement la capacité pétrochimique du royaume. Le gaz naturel positionne Aramco comme un acteur clé de la sécurité énergétique mondiale dans la période de transition, en complément des énergies renouvelables. Pour comprendre comment le gaz s’intègre dans le mix énergétique européen, consultez notre analyse des fournisseurs de gaz en France.
SABIC et la pétrochimie : la diversification hors pétrole
En juin 2020, Saudi Aramco finalise l’acquisition de 70 % du groupe saoudien de pétrochimie SABIC (Saudi Basic Industries Corporation) pour un montant de 69,1 milliards de dollars — l’une des plus grandes transactions de l’histoire de l’industrie chimique mondiale. Cette opération positionne Aramco parmi les cinq plus grandes entreprises pétrochimiques au monde, aux côtés de BASF, Dow et LyondellBasell.
SABIC opère dans plus de 50 pays en Amérique, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique. En 2023, la capacité nette de production de produits pétrochimiques du groupe Aramco-SABIC s’élevait à 59,6 millions de tonnes. Cette intégration en aval réduit la dépendance d’Aramco au seul prix du brut : les produits chimiques (plastiques, résines, engrais, matériaux avancés) génèrent des revenus relativement moins corrélés aux cours du pétrole brut. C’est une diversification stratégique au sens plein du terme — un pivot vers une économie de la matière plutôt que de la seule combustion.
Aramco en France et en Europe
La présence d’Aramco en France est moins visible qu’en Amérique du Nord, mais plus substantielle qu’il n’y paraît. Elle s’articule autour de deux axes : un partenariat industriel avec TotalEnergies et une présence commerciale et de recherche via Aramco Ventures.
Les partenariats avec TotalEnergies : Satorp et le projet Amiral
En 2005, Saudi Aramco et Total (aujourd’hui TotalEnergies) s’associent pour construire la raffinerie de Jubail, en Arabie saoudite. Opérationnelle depuis 2014, la raffinerie SATORP (Saudi Aramco Total Refining and Petrochemical Company) est détenue à 62,5 % par Aramco et 37,5 % par TotalEnergies. Sa capacité : 400 000 barils de brut traités par jour, produisant diesel, kérosène, naphta et produits polymères. Ce partenariat illustre la stratégie d’Aramco de valoriser son brut lourd en produits à haute valeur ajoutée.
Le projet Amiral, également développé en partenariat avec TotalEnergies, constitue une extension pétrochimique adossée à la raffinerie de Jubail. Ce complexe intégré représente l’un des plus grands investissements industriels franco-saoudiens de ces dernières années, renforçant les liens économiques entre les deux pays dans le secteur de l’énergie et de la chimie.
Aramco Ventures ouvre un bureau à Paris en 2026
Le 25 novembre 2025, Aramco Ventures — la branche capital-risque d’Aramco, dotée de plus de 7 milliards de dollars de capital alloué — annonce officiellement l’ouverture d’un bureau à Paris en 2026, sa première implantation physique en France. L’annonce est faite par Ahmad O. Al-Khowaiter, vice-président exécutif d’Aramco en charge de la technologie et président d’Aramco Ventures, lors de l’événement Adopt AI au Grand Palais, en présence d’Emmanuel Macron.
La France est choisie pour la richesse de son écosystème d’innovation : Paris-Saclay (première université européenne en mathématiques, physique et ingénierie), Station F (plus grand campus de start-ups au monde), et un tissu dense de start-ups dans l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la numérisation industrielle et l’informatique quantique. Aramco Ventures a d’ailleurs déjà signé, en février 2025, un protocole d’accord avec Bpifrance pour co-investir dans des entreprises françaises innovantes dans ces secteurs. La compagnie avait par ailleurs déjà investi dans la pépite française Pasqal, spécialisée dans l’informatique quantique, dont un calculateur de 200 qubits a été déployé dans un data center d’Aramco à Dhahran.
Cette implantation parisienne s’inscrit dans la stratégie à long terme d’Aramco : en finançant des start-ups dans les technologies de rupture qui pourraient transformer son cœur de métier, la compagnie anticipe les disruptions plutôt que de les subir, et se positionne comme acteur de la transition technologique à l’échelle européenne.
Aramco et la Formule 1 : carburants synthétiques et stratégie d’image
Depuis 2020, Saudi Aramco est le sponsor mondial à long terme de la Formule 1, dans le cadre d’un accord qui dépasse le simple placement de logo sur les voitures. Pour Aramco, la F1 est un laboratoire technologique et un outil de réputation mondiale.
L’accord s’aligne sur l’ambition de la F1 d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030. Aramco est associé à la FIA pour développer le carburant 100 % durable (e-fuel) qui doit équiper tous les moteurs de Formule 1 à partir de 2026. Ce carburant synthétique est produit à partir de sources non fossiles : il combine hydrogène (produit par électrolyse) et CO₂ capté pour générer du méthanol transformé en carburant. Selon les données présentées lors du Tour Auto 2024, ce type de carburant réduit les émissions de CO₂ d’au moins 70 % par rapport à un carburant classique.
Aramco est également sponsor titre de l’équipe Aston Martin Aramco Formula One Team, ce qui lui assure une visibilité maximale lors des 24 Grand Prix annuels, suivis par plus de 500 millions de téléspectateurs dans le monde. Sur le plan géopolitique, le Grand Prix d’Arabie saoudite — ajouté au calendrier en 2021, à Djeddah — est une vitrine directe pour le royaume et pour Aramco.
Pour les spécialistes de l’énergie, l’implication d’Aramco dans le développement des e-fuels soulève une question stratégique majeure : la compagnie ne développe pas ces carburants synthétiques uniquement pour le sport automobile. Sa vision à long terme est de proposer une alternative au tout-électrique à batterie pour le transport de masse. Aramco investit dans des technologies de moteurs thermiques à ultra-basse émission, capables de fonctionner avec des carburants de synthèse neutres en carbone, ouvrant la possibilité que des centaines de millions de véhicules à combustion existants puissent être décarbonés sans remplacement intégral par des véhicules électriques. Une stratégie qui, si elle réussit, permettrait à Aramco de se repositionner — de fournisseur d’hydrocarbures fossiles à producteur de molécules carbonées pour carburants synthétiques — maintenant ainsi une place centrale dans la chaîne de valeur énergétique mondiale, même dans un scénario de forte décarbonation des transports. Cela colle directement aux débats actuels sur le mix énergétique européen, où les enjeux du coût de l’énergie conditionnent l’acceptabilité sociale de la transition.
Coupe du Monde de la FIFA 2026 : quelle est cette marque sur les panneaux des stades ?
En bref : Si vous regardez les matchs de la Coupe du Monde 2026 aux États-Unis, au Canada et au Mexique, le logo d’Aramco s’affiche sur les panneaux LED des stades. Ce n’est ni une marque de sport ni une entreprise tech grand public, mais le plus grand producteur de pétrole de la planète, devenu en 2024 Partenaire mondial majeur de la FIFA jusqu’en 2027.
En 2024, Saudi Aramco a signé un accord de partenariat mondial majeur avec la FIFA, valable jusqu’à fin 2027, couvrant les droits sur les principaux événements de la fédération internationale : la Coupe du Monde de la FIFA 2026™ (États-Unis, Canada, Mexique), la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2027™ et les compétitions intermédiaires. Ce partenariat, estimé à environ 80 à 100 millions de dollars par cycle selon des sources spécialisées, fait d’Aramco le partenaire officiel exclusif dans la catégorie Énergie — aux côtés d’Adidas, Coca-Cola, Hyundai/Kia et Qatar Airways dans le cercle des Partenaires FIFA au niveau le plus élevé.
Le partenariat dépasse le simple affichage publicitaire. Aramco est le sponsor titre du jeu officiel Fantasy de la Coupe du Monde 2026, qui permet à des millions d’utilisateurs de composer leur équipe idéale avec des joueurs comme Kylian Mbappé ou Harry Kane. La compagnie parraine également le trophée du FIFA Young Player of the Tournament (meilleur jeune joueur). Lors des éditions précédentes, Aramco s’est impliquée comme sponsor présentateur de la Coupe Intercontinentale FIFA 2024 et 2025, ainsi que comme sponsor énergie officiel de la Coupe des Champions Féminine de la FIFA 2026 en janvier à Londres.
Ce choix de la FIFA de s’associer à Aramco n’a pas été sans polémique. Des ONG environnementales et des organisations comme Fossil Free Football ont dénoncé ce qu’elles qualifient de greenwashing sportif, estimant que la FIFA contredit ses propres engagements climatiques en permettant au premier émetteur de CO₂ mondial de se présenter comme un acteur de l’innovation énergétique devant des milliards de téléspectateurs. La FIFA a maintenu le partenariat.
Sur le plan géopolitique, ce sponsoring s’inscrit dans la même logique de soft power saoudien que les investissements dans la F1, le golf (LIV Golf), le tennis et le rachat de clubs de football. L’Arabie saoudite accueillera par ailleurs la Coupe du Monde 2034, renforçant l’horizon d’influence d’Aramco dans le football mondial sur une décennie entière.

Travailler chez Aramco : salaires et opportunités
Aramco est régulièrement citée parmi les employeurs les plus attractifs du secteur pétrolier et gazier mondial. La compagnie recrute en permanence des ingénieurs pétroliers, des géologues, des spécialistes en cybersécurité, des experts en gestion de pipelines, des chimistes et des profils financiers.
| Profil / Poste | Rémunération annuelle estimée (USD) | Avantages inclus |
|---|---|---|
| Ingénieur junior (0–5 ans) | 60 000 – 90 000 $ | Logement, transport, assurance santé |
| Ingénieur senior (10+ ans) | 130 000 – 200 000 $ | Logement fourni, scolarité enfants, bonus |
| Directeur / Manager | 200 000 – 350 000 $ | Package complet + primes de performance |
| PDG (Amin H. Nasser) | Non communiqué publiquement | Package dirigeant très élevé (variable + avantages) |
Les avantages non salariaux jouent un rôle central dans l’attractivité d’Aramco : logement fourni ou subventionné dans les « Aramco camps » — des complexes résidentiels avec écoles, hôpitaux, clubs sportifs et centres commerciaux — prise en charge des frais de scolarité des enfants, assurance santé premium pour toute la famille, et vols retour dans le pays d’origine. Ces conditions expliquent qu’Aramco attire des ingénieurs et techniciens du monde entier, avec un taux de fidélisation parmi les plus élevés du secteur.
Les offres d’emploi sont accessibles via le site officiel aramco.jobs, où la compagnie publie régulièrement des centaines de postes ouverts en Arabie saoudite, aux États-Unis (Aramco Americas, Houston), en Europe et en Asie-Pacifique.
Aramco face aux grandes compagnies pétrolières mondiales
Pour comprendre le poids hors norme d’Aramco, une comparaison avec les autres grandes compagnies pétrolières mondiales est éclairante. Le tableau ci-dessous illustre l’écart considérable qui sépare le géant saoudien de ses pairs occidentaux.
| Indicateur | Aramco | ExxonMobil | Shell | TotalEnergies |
|---|---|---|---|---|
| Production (M barils/jour) | ~9,0 | ~3,8 | ~2,8 | ~2,5 |
| Bénéfice net 2024 (Mds $) | 106,3 | 34,1 | 28,5 | 18,2 |
| Coût d’extraction ($/baril) | ~2–4 | ~10–15 | ~10–15 | ~10–15 |
| Réserves prouvées (Mds barils) | ~259 | ~17 | ~10 | ~12 |
| Statut | Compagnie nationale | Privée (cotée NYSE) | Privée (cotée LSE) | Privée (cotée Euronext) |
Ce tableau illustre un avantage structurel décisif : le coût d’extraction d’Aramco est 3 à 7 fois inférieur à celui de ses rivaux. Dans un scénario de baisse durable des prix du pétrole, les majors occidentales seraient fragilisées bien avant qu’Aramco ne l’soit. C’est pourquoi les analystes de l’AIE considèrent que même dans les scénarios de transition énergétique accélérée, le pétrole saoudien sera le dernier produit encore rentable, Aramco restant « producteur de dernier recours » pour un marché mondial en contraction progressive.
Gouvernance et direction d’Aramco
Conseil d’administration : Yasir Al-Rumayyan à la présidence
Le conseil d’administration d’Aramco est présidé par Yasir Othman Al-Rumayyan, gouverneur du Fonds d’investissement public (PIF) depuis 2015, nommé président du conseil d’Aramco en janvier 2017. Diplômé en comptabilité de l’Université du roi Fayçal et du programme de gestion générale de la Harvard Business School, Al-Rumayyan cumule également les présidences de la société minière Ma’aden, de la compagnie aérienne Riyadh Air et du club de football Newcastle United. Sa position à la tête du PIF et d’Aramco simultanément illustre l’imbrication étroite entre le fonds souverain saoudien et sa principale source de revenus.
Direction exécutive : Amin H. Nasser, PDG depuis 2015
Amin Hassan Nasser est président-directeur général d’Aramco depuis septembre 2015, succédant à Khalid Al-Falih nommé ministre. Ingénieur pétrolier diplômé de l’Université du roi Fahd des pétroles et minéraux (KFUPM), il a gravi tous les échelons d’Aramco depuis le début de sa carrière. Il a notamment dirigé la réponse opérationnelle aux attaques de 2019 contre Abqaïq et Khurais, supervisé la plus grande IPO de l’histoire en 2019 et piloté l’acquisition de SABIC pour 69,1 milliards de dollars. Amin Nasser siège également au conseil d’administration de BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde — une position qui témoigne de l’influence croissante d’Aramco dans la finance internationale.
Transparence et reporting depuis l’IPO de 2019
Longtemps opaque, Aramco a radicalement changé de posture depuis son introduction en bourse. La compagnie publie désormais des rapports annuels détaillés conformes aux normes IFRS, des résultats trimestriels et un rapport de durabilité. Ces publications — accessibles sur le site officiel aramco.com — constituent une source primaire indispensable pour tout investisseur ou analyste. Depuis 2024, Aramco publie également un programme de rachats d’actions (jusqu’à 3 milliards de dollars sur 18 mois annoncé début 2026), renforçant son attrait boursier auprès des investisseurs institutionnels internationaux.
Quel avenir pour Aramco ?
L’avenir d’Aramco est indissociable de celui de l’Arabie saoudite et du pétrole dans le mix énergétique mondial. Trois scénarios se dessinent, que les analystes de l’AIE et de l’OPEP observent attentivement.
Le premier scénario — le plus probable à court et moyen terme — est celui de la diversification contrôlée : Aramco maintient sa production pétrolière à haut niveau tout en développant gaz, pétrochimie et carburants de synthèse. La Vision 2030 de Mohammed ben Salmane vise précisément à réduire la dépendance du royaume au pétrole brut, sans pour autant renoncer à sa rente pétrolière avant que les alternatives soient économiquement viables. Aramco est le moteur financier de cette transformation.
Le deuxième scénario est celui de la pression climatique accrue : si les politiques de décarbonation mondiales s’accélèrent — taxes carbone aux frontières, réglementation des importations pétrolières, effondrement de la demande dans les transports via l’électrification — Aramco devra accélérer sa transformation bien au-delà de ses engagements actuels. Son avantage de coût d’extraction (2–4 $/baril) la rendrait cependant résistante à une baisse modérée des prix, contrairement à des producteurs à coûts plus élevés.
Le troisième facteur est géopolitique : les tensions au Moyen-Orient, les décisions de l’OPEP+, la rivalité avec l’Iran et la relation avec les États-Unis — dont dépend la sécurité du royaume — restent des variables fondamentales. Toute perturbation majeure des exportations saoudiennes se traduit immédiatement par une hausse des prix de l’énergie ressentie par les consommateurs européens, comme l’ont démontré les chocs de 1973, 2019 et 2022. Pour suivre l’évolution des prix des énergies fossiles et de leurs alternatives, retrouvez nos infos sur les fournisseurs d’énergie en France.
FAQ — Questions fréquentes sur Aramco
À propos de cet article
Cet article est rédigé à titre informatif par la rédaction de Somagaz.net. Les données financières citées sont issues des rapports annuels d’Aramco, des publications de la Direction générale du Trésor français et de sources spécialisées (Connaissance des Énergies, ZoneBourse). Les chiffres d’actionnariat sont valables au 19 juin 2026 et susceptibles d’évoluer. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement.



